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Introduction - Les TIC, est-ce réellement efficace? - Les approches gagnantes - Les TIC en sciences humaines - Conclusion - Bibliographie
On dit toujours que la technologie apportera des solutions à l'humanité... ou d'autres problèmes! Cette section portera spécifiquement sur la question de l'efficacité des TIC sur les apprentissages. Nous regarderons donc à l'efficacité des TIC et de ses déterminants.

Quelques concepts

Il est de mise de définir quelques concepts avant d'aller plus loin. D'abord, l'efficacité des TIC, comment la mesurer? Selon les auteurs que nous avons consultés, la plupart des études parlaient de variables qualitatives, soit la motivation et même l'appréciation générale. Ainsi, aux fins de cette étude, l'efficacité sera définie par une attitude plus positive, de meilleurs résultats scolaires, une meilleure motivation en salle de classe et ainsi de suite. Ce sera donc l'ensemble des variables.
Un autre concept important est l'affordance (ou l'équivalent francophone mise en disposition). Ce concept concerne principalement le lien entre l'être humain et l'environnement, donc dans le cas présent, l'élève et l'ordinateur (Webb, 2005). Autrement dit, si l'information est plus facilement accessible et compréhensible, plus le niveau de mise en disposition sera élevé (Webb, 2005). Il importe donc de trouver des outils technologiques qui rejoignent bien les besoins de l'élève, avec une interface facile et un accès à l'information. Cela suppose donc qu'il y a certains enjeux relatifs à l'utilisation des TIC.

Mise en contexte

Mais qui sont les élèves ciblés par cette étude? En fait, il s'agit des élèves du système éducatif du Nouveau-Brunswick, ceux qui sont dans le système scolaire francophone. Cela dit, ces élèves ont la particularité d'être entourés par la majorité anglophone, donc il est primordial de trouver des moyens de développer des stratégies qui utilisent le français. Bien que nous ne détaillerons pas l'aspect de la langue, il reste que le lecteur doit prendre en note que notre analyse s'exerce en fonction du milieu francophone acadien minoritaire du Nouveau-Brunswick.

En ce qui concerne les classes de sciences humaines, il est peu commun de voir les enseignants les utiliser au Nouveau-Brunswick. Aussi, il semblerait que les objectifs relatifs à la pensée critique et à l'éducation à la citoyenneté soient sous-exploités. Il en est de même pour les TIC, qui figurent peu souvent à l'avant-plan de la salle de classe. Nous regarderons donc les enjeux sous ce regard. Qu'en est-il des principaux enjeux qui bloquent l'intégration des TIC, dans une perspective d'éducation à la citoyenneté, de développement à la pensée critique et dans le raisonnement de haut niveau? Or, ces réflexions nous amèneront à poser un regard critique sur l'utilisation des TIC dans les salles de classe, plus spécifiquement dans les classes de sciences humaines.

Les principaux enjeux

Pour les besoins de la cause, présentons les divers enjeux qui affectent l'intégration efficace des TIC en salle de classe. Nous avons cru bon de les classer selon les enjeux sociaux, pédagogiques et systémiques.

Les enjeux sociaux

Les technologies de l'information et de la communication sont utilisées pour réduire l'écart entre les riches et les pauvres (Lebrun, 2007). Toutefois, bien que nous pourrions le faire, il existe tout de même des problèmes. Bien qu'on veuille réduire le fossé entre les riches et les pauvres, un autre fossé se crée, soit celui de l'accès à Internet (Lebrun, 2007). Ce ne sont pas tous les élèves qui ont accès à Internet à la maison, ni toutes les écoles du monde qui ont les moyens de se procurer des ordinateurs fonctionnels. Ainsi, comment pourrait-on amener les élèves à avoir un meilleur accès à l'école? Il s'agit donc du rôle de l'éducation publique. Tel fut le consensus dégagé lors de la conférence Clair 2012.

Un autre enjeu social est celui de l'éloignement causé par les TIC (Poulin, 2012). Confiné à son espace, l'utilisateur peut communiquer sans avoir à rencontrer la personne en chair et en os. En fait, ce n'est pas tout à fait le cas lorsqu'on y pense, car il est tout de même possible de faire des activités ensemble. C'est le cas de Poulin (2012), avec la iClasse, où ses élèves devaient rencontrer des ainés et passer du temps avec eux. Une des dimensions était de leur montrer comment se servir d'un ordinateur. Notons le cas d'une ainée, qui a été initiée au blogue et qui s'en sert régulièrement pour partager des recettes de cuisine (Poulin, 2012).

Les enjeux pédagogiques

L'utilisation des TIC n'est pas toujours bien vue en salle de classe, car les enseignants ont méconnaissance des . Lebrun souligne que l'ordinateur est « souvent utilisé comme un livre (d'exercices) » (Lebrun, 2007, p. 26). En est-ce réellement le cas? Quels genres d'exercices pourrait-on privilégier aux autres? Cela mérite réflexion et suppose donc que certaines méthodes d'apprentissage-enseignement seraient privilégiées à d'autres, qui ne feraient que dans le fond, répéter ce qui a déjà été fait.

Un autre enjeu pédagogique, qui concerne spécifiquement la pensée critique et la formation de l'identité peut aussi poser problème (Sasseville et Karsenty, 2005). Aussi, la question de l'attitude libertaire des internautes pose un énorme problème. En fait, les jeunes sont souvent exposés à la publicité et aux méfaits du capitalisme, qui remplace l'enseignant en salle de classe (Sasseville et Karsenty, 2005). Toutefois, ne serait-il pas possible de faire contrepoids à cet enjeu en enseignant la pensée critique? Tout est dans la façon de faire.

Les enjeux systémiques

L'appareil institutionnel joue souvent un facteur de ralentissement (ou de stimulation) dans l'acquisition des TIC. En fait, étant donné que nos écoles sont organisées dans un système, si ce dernier est très conservateur dans ses approches, il en résultera que les nouvelles pédagogies, telles celles qui comprennent les TIC, auront tendance à fructifier lentement.

À l'opposé, certaines écoles ont réussi à faire une intégration réussie des TIC. Ce fut le cas du Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska. Cette école fut, dès le début, destinée à être un laboratoire technologique pour les élèves. D'ailleurs, une visite de l'école vous indiquera qu'il y a un concensus assez fort en ce qui concerne l'utilisatoin des TIC en salle de classe. En fait, l'enseignement à l'aide des TIC figure dans l'énoncé de la mission de l'école (CAHM, 2012).

Un enjeu particulier, la confiance

Un des principaux obstacles à l'application efficace des TIC est le manque de confiance et le manque de compétences (John, 2005). En fait, dans une étude réalisée réalisée chez des élèves et des enseignants de diverses disciplines. Il faut donc avoir des ressources adéquates pour aider les enseignants, ce qui aide beaucoup à diminuer l'effet de ce manque de confiance. En fait, l'auteur a mentionné que l'efficacité était meilleure lorsque les enseignants étaient accompagnés par des chercheurs. Ils avaient accès à des ressources additionnelles (John, 2005).

Il est donc nécessaire d'établir une discussion orientée sur l'intégration réussie des TIC en salle de classe avec les autres pédagogues, afin de bâtir la confiance de ces derniers. Autrement, il y aura probablement de la résistance.

L'effet TIC ou l'effet pédagogie?

Maintenant que nous connaissons les principaux enjeux, attardons-nous à la question de l'efficacité comme telle. Tout d'abord, plusieurs auteurs abondent dans le sens que la motivation des élèves est meilleure en ce qui concerne les TIC. Toutefois, est-ce que c'est simplement la résultante de l'intégration des TIC ou bien de l'implantation de la nouvelle pédagogie? Cette question est d'ailleurs soulevée par Hillis et Monro (2005). Lors de l'administration d'un logiciel historique, où l'élève était en contact avec des sources primaires, on a remarqué une certaine hausse dans la motivation. Les élèves avaient d'ailleurs aimé travailler avec les TIC, car elles leur offraient de l'autonomie et un contact direct avec les sources primaires en histoire. Même constat pour Webb (2005) en sciences naturelles, où certaines interventions se sont avérées bénéfiques, notamment lorsque la mise en disposition était grande.

Malgré tout, les auteurs de ces études n'arrivent pas à isoler l'effet des TIC correctement, étant donné que l'enseignant utilise d'autres méthodes pédagogiques également (Hillis et Monro, 2005; Web, 2005). On peut donc supposer que la méthode d'apprentissage-enseignement a un effet considérable. Autrement dit, même avec l'utilisation de nouvelles technologies, il importe de bien choisir le moyen d'apprendre. Il est nécessaire de faire autrement, tout en utilisant les TIC.
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Pour aller plus loin... Veuillez consulter le site web de Clair 2012. Ce colloque, ayant pour but de promouvoir les TIC et la réflexion sur comment penser l'éducation autrement. Des présentations en ligne d'orateurs de renoms sont disponibles. On peut y accéder ici.

Contributions au site :